08/05/2008

08/05/08 - 22:57

Bluebeard

D'avoir vu ce reportage sur le rôle des hormones chez l'humain, et notamment sur la modification corporelle des FtM (Femmes qui deviennent des hommes) m'a laissé une drôle d'impression et d'écho: quand je regarde des hommes, et par exemple les gays du site appâtés par les poils, je ne peux m'empêcher de penser qu'on est gouvernés par ces trucs périphériques et pourtant centraux, ces caractères sexuels secondaires, cette panoplie.

Les "femmes devenues hommes" en question sous l'influence de testotérone, ressemblaient toutes à ces mecs qu'on peut croiser au Cox, ou bien à des clones de Chuck Norris ou de Sam Ramey, voire de Brad Pitt. Leur tour de crâne pouvait augmenter de 3 cm, toute leur masse graisseuse se déplaçant ainsi que l'implantation de leur cheveux, la forme de leur menton, et de leur mâchoire. Les muscles deviennent plus forts, etc. Seuls leur organes sexuels ne changent pas vraiment, ni leur attirance sexuelle, quoique cela est plus discutable, certains parlant d'une plus grande "fluidité" de leurs attirances.







Depuis, quand je regarde quelqu'un je ne peux m'empêcher de jauger ce qu'il serait s'il était plus féminin, ce qu'elle serait si elle était plus masculine. Comme une sorte de grand jeu de dupe que la nature nous aurait légué, histoire de nous occuper, de donner un "cadre" pour réaliser nos petites "histoires". Il semble que l'homme donne plus d'élasticité à sa condition, afin d'accueillir la vastitude et l'indéterminé comme le borné, l'obsessionnel de ses aspirations.

A cet égard, je suis vraiment frappé par l'intolérance des gens ici vis à vis du sexe politiquement correct ou du bon goût en matière de fantasmes, qui apparait dans les commentaires sur la disparition de Cadinot. Je ne parle pas du fait de donner une place particulière à un réalisateur de film porno. Je ne connais rien à ce milieu, et j'imagine qu'il y a des pratiques professionnelles différentes d'une "chapelle" à l'autre, vu les enjeux fianciers qui sont derrière. Je parle de la critique d'une esthétique qui n'a pas lieu d'être. Et d'ailleurs il ne s'agit pas d'esthétique du tout, mais de fantasmes. Il n'y a pas de bon ou mauvais goût en matière de fantasmes, il y a des existences qui sont déterminées sans que l'on sache vraiment ni comment ni pourquoi, et qui se gèrent...elles-mêmes.

Il n'y a pas à tourner en ridicule ceux qui aimèrent ces films, (dont je ne fais pas partie), les gens sont libres de bander pour ce qu'ils veulent. Le démodé, c'est pour les fringues, ou pour la presse (y a qu'à voir une récente couverture de Libé avec des jeux vidéos en première page).

17/04/2008

17/04/08 - 00:13

Révérence, et astrologie.

"Je voudrais bien savoir quel était ce jeune homme, si c'est un grand seigneur, et comment il se nomme".... Non, je voudrais bien savoir ce que sa mère lui a caché de la vie, plutôt, juste en étant.

Verdi, dit-on était un paysan. J'en profite pour dire que: la force de conviction des Latins m'a toujours étonné. Mais elle me convient d'une certaine façon. Et Berg, d'où sortait-il?
Ce soir, deux asiatiques au restaurant, conscients que je les vois, ont des gestes qui me rappellent les miens. Figures Egyptiennes, de 3/4. Il faudrait que je change de lunette si le monde était asiatique, assurément. La rengaine sur la norme.

On dit que ce qui rassure les signes d'air, c'est la jovialité et la force de la Nature chez un comparse. Je crois que cela est vrai pour tout le monde. Les vierges (malgré leur pourcentage agreste) sont des signes d'air, le saviez-vous? Le capricorne est le plus aérien des signes de terre.

Les mots d'esprits me lassent décidément, ce soir. Bon, alors, ces Chti, comment sont-ils? Qu'on le veuille ou non, on le saura très bientôt.

14/04/2008

14/04/08 - 20:31

The Black rider (suite)









Par contre une bonne nouvelle, G. Mortier a l'intention de remonter "Einstein on the Beach"(1976), à son arrivée au New-York City Opera, une oeuvre hypnotique et répétitive qui ne s'en prend à aucun opéra existant, et effectua sa révolution en son temps, s'adressant davantage à l'inconscient visuel des gens qu'à leur capacité de raisonnement.

Ceci dit, je ne crois pas que cela soit une très bonne perspective pour les américains moyens qui ont toujours détesté Wilson (contrairement aux Français des années 70/80).

14/04/08 - 20:21

The Black rider

"The Black rider" de Robert Wilson, William Burroughs et Tom Waits (1990): quel dommage qu' il n' y ait pas eu d'enregistrement vidéo complet de cette oeuvre. Il reste un disque (fait en 93), mais malheureusement c'est Tom Waits qui chante et non pas la distribution de jeunes comédiens de la Schaubühne de Berlin de l'époque. On se demande si Waits n'a pas mangé du verre pilé avant d'enregistrer, c'est un peu dommage. Mais il y a l'atmosphère loufoque des cabarets Berlinois d'entre-deux guerres, mélangé à la trémulation en apesanteur d'un rocker sous acide, tout cela greffé sur la légende du Freischütz...

[www]

13/04/2008

13/04/08 - 01:36

Au rapport

Vu ce soir un gars qui m'a semblé posséder le même profil qu'H. Non, c'est pas ça. Mais pourquoi m'arrêtai-je sur lui, il faut le savoir. Je mesure alors que je me souviens parfaitement de la vigueur des bises de ce dernier. Et j'en déduis une forme. Une onde de forme. Ou de plaisir? Mais non, allons, juste un côté musclé de la mâchoire et de l'appareil labial.

En pensant au sourire généreux de H. , j'ai un instant la larme à l'oeil. C'est malin.

Vu ce soir plein de jaunes gays. Je ne sais ce qu'ils étaient comme origine exactement, mais depuis le temps que j'en rêve, et bien, c'était là, tout autour de moi.
J'étais un parmi d'autres. Ben c'était pas super, en fait. Les asiatiques gays ont tendance à comploter, comme des petites filles, quand ils observent, c'est pas discret. Comme les autres gays en somme. Mais bon, voilà un évènement en soi.

L'heure du restaurant a été un enchainement d'insatisfaction, je pars du premier pour cause de file d'attente trop longue, et rendue stressante par la présence à un mètre de quelqu'un que je ne veux pas forcément voir, pour ensuite tomber sur un serveur négligeant dans le restau suivant.
Attente de trois-quarts d'heure pour 5 brochettes: il a juste oublié et s'est trompé de menu en plus. Pas un mot d'excuse. Je piaffe silencieusement.
Mais voilà, dans ce restaurant là, il y a ce visage dont je me rappelle soudain, avec ses oreilles décollées, ce menton allongé, ses grands yeux bleus. Quelque chose d'avorté qui ressurgit avec une certaine force, quand en partant, il se retournera et viendra m'embrasser, et que je rougirai.
Pour l'instant, il faut juste que mes voisines japonaises de droite continuent de me cacher, je veux manger en paix. Bon, voilà.

Pendant ce temps là, à ma gauche, deux messieurs d'un peu plus que mon âge, parlent de leurs émois premiers, c'est une histoire des repères qui ont balisé leur vie sexuelle, essentiellement. Beaucoup d'allusions à des abus d'adultes, pas trop prononcés mais bien réels. Il me semble reconnaitre le visage de celui qui parle le plus; je penche pour un psychanalyste que j'aurais vu à la télé. De temps en temps, il glousse d'une voix vraiment "différente" de celle qui lui sert de médium habituel. Je les recroise plus tard penchés sur la vitrine du sex-shop SM à gadgets rigolos et macabres. Là il y a un masque de goret en plastique noir, ce soir.

Allez, ne trainons pas, je ne veux plus perdre mon temps. Mais mon effet glaçon est breveté, je crois. Tout glisse sur moi. Y compris les regards. Il y a juste eu Julien, le gentil barman, voilà, une bise ou deux, et ses yeux doux de fille qui viennent me chercher dans ma reclusion. Je suis parfois pressé d'être un monsieur aux tempes argentées qui tel la Baronne Karen Blixen pourra se permettre de dire des extravagances, en toute impunité. Et sans avoir à en payer l'addition.

08/04/2008

08/04/08 - 12:27

Le silence.

C’est quelque chose qui m’émeut davantage maintenant, ce silence des hommes et femmes de quarante ans ou plus, qui se taisent en lisant les pensées émues et ordonnées en blog des gens de la génération qui les suit. Comme s’ils ne pouvaient plus percer le mur qui les sépareraient de ces déversements. Les jugent-ils encore trop candides, ou peu avertis, ou bien inesthétiques, sans pudeur?

On peut parler, même en vieillissant, même en se protégeant un peu de trop dire. Même si c’est dur aussi.

Et puis je tombe sur un article de Badinou qui retrace une aventure, son goût pour les garçons longilignes, et ce garçon particulier, avec une douceur infinie. En ajoutant juste cette phrase: "Dehors il neigeait ; il n’a pas su qu’il était le quarantième." il m’a donné envie d’écrire ce petit post, à moi qui ne me tais pas encore, pas tout à fait.

On connait ou on redécouvre des états d’âmes au détour de la plume délicate de certains. On se prend à revenir sur certaines questions propres à nos vies. Celui de la quantité d’aventures, par exemple, soit disant si propre aux homos. J’ai pu penser qu’il y avait deux camps, celui des doués mais angoissés du vide, cherchant à user leur vie pour en avoir un goût précis au moment de la "retraite", et celui des moins doués pour la vitesse et la quantité, pas moins angoissés par le vide, mais plus doués pour le macro-amour, pour l’intimité aussi.

Avec les années, il n’y a pas forcément l’expérience ou l’usure supposées, au contraire.

Les temps n’étaient pas les mêmes, quand seuls Genêt, Bory, Guibert, voire Verlaine ou Green, nous causaient de nous, alors que nous n’étions pas faits, pas éclos, et que nous imaginions que la vie d’Ep était celle de "l’Homme blessé" de Chéreau, avec ses senteurs de sang, et de pissotières.

Il n’y avait pas internet, on fantasmait sur le sexe seul, mais pas sur l’amour qui semblait une zone inaccessible. Et la seule qui m’attirait vraiment.

Alors, par chance pour moi, tout comme je l’appelais, vint dans ma vie quelqu'un. En ancrant l’idée que l’amour d’un homme pouvait rejoindre la confiance et une part d’enfance, je tournais le dos à tout cet aspect de conquête, répétitif ou vertigineux, démoralisant selon moi en tout cas. J’avais déjà assez à convaincre dans ma propre existence de théâtre pour être encore avide des stupeurs et autres fascinations instables, addictives sans doute, et portant en elles, encore selon moi, la fin de l’espoir.
Baisers au goût de fleurs et appétits vengeurs ont pris le même visage pendant plus de quinze années.

31/03/2008

31/03/08 - 22:55

"Chanson de l'acrobate"

par le lumineux et frémissant Mathieu R. [www]

Moi aussi je préfère les chansons tristes.

31/03/08 - 22:04

La maréchale

On ne peut pas être et avoir été. C'est un dicton de gens qui savent, qui connaissent la vie. C'est bien connu.

Mais quand se dit-on: "ça y est, ben ce soir je ne suis plus, tiens!" Non, en général, quand vous dites des trucs qui vont par là, les amis bien intentionnés ou pressés vous disent: "Allons, allons, mais de quoik' tu causes?".

Il faut que la durée dure, que le temps soit élastique. Pour n'avoir pas à se plaindre.

Les femmes elles savent, la ménopause leur dit, chérie, c'est fini, trouve-toi un hobby.

Mais, quand même, lorsque le vent souffle, et que l'on est capable de marcher, de se promener avec une certaine joie, en contemplant les jeux du soleil à travers les branchettes des arbres sur le mur des vieilles pierres, on oublie.

On ne pense pas à ces horloges qui doivent s'arrêter d'un coup.

31/03/08 - 02:31

Julian Sands



A chaque fois que je le vois, la beauté de ce type me coupe le souffle. Pas juste le physique, mais sa retenue, ce qu'il dégage de sensibilité, et de sensualité, ce nez de russe, la palette de ses expressions entre juvéniles, inquiétantes ou sauvages...Il parait qu'il a aujourd'hui 50 ans et 3 enfants et a 41 films à son actif. Je n'en ai vu qu'un: "chambre avec vue", revu ce soir.

28/03/2008

28/03/08 - 02:52

Membranes méningées

"ça faisait longtemps que nous n'avions pas travaillé cette zone", me dit l'ostéopathe.

Oui, ça je le sens bien.

Il s'agit de la tente du cervelet. Bande de keucheunes. Une sorte de diaphragme intra-crânien très sollicité dans nos métiers.
D'ailleurs depuis je vacille et respire péniblement. Il faut laisser tout ça se stabiliser, me dit-on.
A chaque fois je me demande que faire après ces séances si "re-centrantes". On est très vulnérabilisé, cela est corroboré par les différents témoignages de mes collègues. Certains prennent toujours un taxi après une séance d'ostéo.
Il faudrait pouvoir se téléporter dans une station de spa au bord d'un grand lac canadien, et éviter les sons, le métro et les gens pressés qui vous bousculent.

Difficile pourtant, le week-end, et après 2 jours d'isolement total, de rester calme justement, de se cloîtrer. J'ai beau être un vieux capricorne ankylosé, je veux aussi ma dose de chahut de temps en temps.

Et de tonus. "A cet effet" (j'aime beaucoup cette expression), j'ai absorbé une cuillerée (comme préconisé dans le mode d'emploi fort succint (qu'est-ce que je suis précieuse ces temps -ci) d'une sorte de poudre hyper sèche d'une plante péruvienne, tellement proche du talc que je ne pouvais plus du tout, mais plus du tout déglutir, et que l'excédent non liquéfié et très léger s'est glissé dans ma trachée.

Ce qui m'a valu une quinte de toux bien urtiquante, formidable pour mes cordes vocales. Je ne pouvais ni parler ni chanter. Il s'agit de la "Maca", un truc plein de vitamines et autres acides aminés, qui a aussi le goût extrêmement attrayant du radis noir mélangé à des fruits de mer pas frais. Je vais le jeter dès demain à la poubelle.

25/03/2008

25/03/08 - 23:30

Patti Smith

Mince, voilà, j'ai eu les larmes aux yeux en écoutant parler Patti Smith sur Arte. Quand même étonnant pour moi. Sans que l'on voit son visage, je me doutais que c'était elle, puis peu à peu sa voix bien plus ténue qu'au disque, sa modestie, sa douceur, son espoir...tout cela m'a paru important, et très touchant.
Sa voix chantée a beau être cet ouragan rauque bien connu, je la découvre ici intimiste, retenue, sentimentale.

Et surtout dans ce reportage, émerge cette idée d'échapper au déterminisme social, sexuel, religieux, etc, à nos limitations. Ses Textes sont de toute beauté!

L'idée de liberté. Celle de tout porter. De ne rien porter d'autre que son souffle aussi... L'idée d'insignifiance de nos vies, ..."Qu'importe ma voix." Mais, " Mieux vaut écrire que mourir."


23/03/2008

23/03/08 - 19:51

Vive le pâté

Conseil d'un ami qui j'imagine, s'y connait : "t'as qu'à niquer plus!"Ben voyons. C'est si simple.

19/03/2008

19/03/08 - 14:41

Années 90: quelques retrouvailles

De petits dessins .

Image hébergée par servimg.com

Le grincement de la perte des apparences.

Evidemment, pas des portraits d'après nature, :-).

Celui-ci m'amuse pas mal:

Image hébergée par servimg.com

Et ça, le souvenir des comédien(e)s, de leurs états d'âmes:

Image hébergée par servimg.com




17/03/2008

17/03/08 - 20:13

Baba, la femme à barbe.

Mpff, je m'en vais créer le groupe des petits yeux bridés avec des cheveux frisés, tiens. Je serais tout seul, mais bon.

J'ai remarqué que les gens tiraient souvent fierté et même devenaient accro (velcro) à leur propre profil.>>>groupe des poils, des barbes, des fesses poilues et j'en passe. C'est curieux quand même: une garantie de ne pas sortir de son pré carré, ou un déterminisme génétique?
On pourrait aussi créer le groupe des femmes à barbe finalement. A bien séparer de celui des vrais mecs qui n'aiment que les mecs-mecs.

13/03/2008

13/03/08 - 00:53

Parfois, quand

...je voudrais pouvoir faire une image synthétique d'un groupe, tel celui de ce soir, composé d'un public comprenant toute une sphère de la "musique lyrique Française", de ses pédagogues et de ses anciens élèves acharnés, je voudrais avoir la verve fulminante et riche de Furt.
Et si comme ce soir éprouvant le besoin de hiérarchiser mes impressions, de les dégrader et de les filtrer à travers un cadre approprié, qui vous les ferait mieux comprendre sans aucune erreur possible, j'aimerais avoir la vaste culture et l'infinie nuance de Bajazet.

Puis quand on me parle tout à trac, sans m'avoir appelé pendant 5 ans, après le spectacle, dans la rue, de mes relations intimes, de ma vie, j'aurais besoin de la ferme concision, et de la virulence extrêmement concentrée de mon cher Cadence-Rompue. Alors qu'intérieurement, pourtant, je continue à chanter doucement des Hymnes ininterrompues, comme Dop m'en a donné l'inspiration, et la permission.
Enfin, car malgré tout je suis optimiste, je quitterai la compagnie avec le sourire, et rêverai, dans des polarités, et des tonalités, proches de celles de Kolokani.
.
Si je le pouvais.
.
Mais je renonce.
.
Pour ce soir.

(D'autres encore m'aident parfois, je ne les cite pas tous.)

09/03/2008

09/03/08 - 04:09

Télégramme

Le jongleur discret et poétique... écrit des poèmes, aime les maths et la chimie, a aussi eu diverses blessures musculo-tendineuses (qui servent à réfléchir, aussi), a des yeux mi-doux et allongés, verts, parle sans voix, et me semble très intelligent. J'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'il me réponde si bien quand je lui ai demandé de me dire à quoi il pensait en jonglant (je pose de ces questions quand même, c'est un talent ça).
On peut donc savoir ou deviner que les gens sont hétéros, et vouloir quand même les entendre le dire.

09/03/08 - 02:36

Vigueur



Ces doigts retournés précieusement et finement détaillés par le peintre ont toujours semblé une curiosité de premier choix à mes yeux de gamin, dès le premier contact . L'impression n'a jamais varié. Le contraste avec les cuisses géantes de lanceuse de marteau est si souverain, si direct... On prenait d'emblée conscience du vieillissement de toute esthétique, de sa relativité, même à 11 ans.

Je trouvais ce sympathique tableau de très mauvais goût sans jamais oser me l'avouer, bien sûr, puisque un théâtre est un lieu sacré. Je cherchais à comprendre l'idée de la Danse qu'avait perçue le peintre de l'époque. La statuaire mythologique aime souvent les formes herculéennes, mais là, on peut se demander dans quel sens l'artiste a orienté la réalité qu'il tentait de sublimer: les marcheuses et autres ballerins et ballerines étaient-ils tous semblables à des taurillons, au 19 e siècle?

09/03/08 - 02:23

Ombres

Ici, c'est drôle, c'est un chez-moi, entre temple et trône, cimetière et musée, ancien lycée, autel consacré, nid à souvenirs, et à présent j'y laisse naitre la joie effleurée, sans ressentiment.
La pénombre vieil or qui règne dans cet antre béni me va parfaitement, et les anciens qui m'observent, je les veux bienveillants, et les ai toujours considérés comme tels. Chaque médaillon, je le connais, je lui garde une discrète vénération. Des générations de papillons y ont éclos et viendront encore y tournoyer à la flamme du lustre géant.



07/03/2008

07/03/08 - 10:38

Les portes ouvertes

La distance de sécurité avec les gens est parfois difficile à évaluer. Alors qu'on peut penser aller vers la compréhension, tout à coup de petits détails font dévier légèrement l'édifice, le contourner pour mieux le reconsidérer. Très étrange. Ne pas s'en offusquer.

Il faut toujours espérer aller vers la douceur, selon moi. Je suis né dans une famille qui avait cela en elle, et espérait beaucoup en l'idée de progrès et de bien, sans être du tout religieusement instruite. Mais le miel est parfois amer.
Et puis l'envie d'avoir raison, de prendre son point de vue comme étant une base sure, et sans trop accepter de transiger, cela est un vice partagé par moi avec les autres. Ma mère m'a souvent dit:
" Et pourquoi serait-ce lui qui a tort?". Je me fie néanmoins à mon instinct qui me dit toujours ce que je ne supporterai pas. Un dos raide, une oreille sourde, ou une lèvre au sourire composé, parfois, m'en disent plus que bien des discours. Une méfiance a toujours été là pour ceux que Julien Green appelle des "hommes de plaisir", les gens versatiles. Comme pour les gens de pouvoir. Va savoir pourquoi.

04/03/2008